05 Saviez-vous que… 30 novembre 2018

5       Les griefs (suite)

Pourquoi, une fois un grief posé, l’individu directement concerné ne pourrait-il pas, par lui-même, le retirer ?

Réponse brève : pour réduire la possibilité d’intimidation. Pas d’explication requise.

Pourquoi, une fois un grief posé, le comité de direction de l’AP ne pourrait-il pas, par lui-même, le retirer ?

Réponse brève : pour réduire la possibilité de manigance.

Voici la réponse moins brève.

Dans le premier cas, il est clair que c’est ainsi pour protéger l’individu des actions par l’employeur. Dans le second cas, c’est similaire, mais alors il s’agit d’actions par des collègues.

Mais pourquoi un collègue ou officier de l’AP voudrait-il nuire à un collègue ? Parce que la tentation pourrait être vraiment très grande. Anecdote 1. À un certain point dans la carrière de ce scribe, son employeur lui a offert un important bonbon si l’association laissait tomber un grief. Sa réponse ? Tête de mule, il est devenu fort syndicaliste, le jour même. Anecdote 2. Parfois, ça ne prend rien de plus qu’un on serait reconnaissant, sans bonbon explicite, et dans certains cas, encore vraiment beaucoup moins que ça. Ce scribe a été témoin d’un cas de président d’association, ayant présumément succombé à la tentation, car il est intervenu de façon directe dans un processus de grief, sans respecter les protocoles établis, au point où l’officier de grief, connaissant, lui, son rôle et sa place, a fait sonner la fin de la récréation ; ce président s’est fait royalement sermonner par l’avocat syndical. Il n’y a pas eu de récidive connue, ou de renouvellement connu, pour ce président au comportement de suck, un président qui, pour gain personnel éventuel, aurait garroché un collègue sous les roues de l’autobus.

(Ce scribe a fait partie de l’AP dans 4 universités canadiennes entre 1972 et 2015. Inutile de tenter de deviner où et quand les situations, décrites ci-haut ou par après, se sont présentées.)

Bref, les protocoles, établis par le syndicat pour régler les plaintes concernant les conditions de travail, ont été conçus pour protéger les individus des actions barbares des administrateurs, mais aussi des actions parfois tout aussi barbares de leurs propres collègues.

Prochain thème : la séparation des pouvoirs.

Rolland Gaudet, scribe

2018-11-30

Le pouvoir de définir la situation est le pouvoir ultime.

Jerry Rubin (1938-1994)