06 Saviez-vous que… 14 décembre 2018

6       La séparation des pouvoirs

Dans une démocratie, on attache beaucoup d’importance à la séparation des pouvoirs ; la formule utilisée varie, mais l’objectif est toujours le même : que les fonctions législative, exécutive et judiciaire soient exercées indépendamment. Pour l’AP il s’agit des fonctions analogues exercées par les négociateurs, le comité de direction et les officiers de grief. Mais le fait d’exercer les fonctions indépendamment ne veut pas dire qu’il n’y a aucun lien.

En effet, la recommandation de l’ACPPU est que les négociateurs soient nommés et mandatés par le comité de direction. L’équipe de négociation travaille alors indépendamment du comité de direction, qui retient toutefois un certain droit de regard. Anecdote. À un moment dans la carrière de ce scribe, le comité de direction de son AP avait éjecté un membre de l’équipe de négociation car l’individu X se comportait de façon répétitivement grossière à l’égard des autres membres de l’équipe de négociations ; si celle-ci n’avait pas relevé du comité de direction, tout aurait été traité en public, avec effets dévastateurs pour la négociation.

Au SEGM comme ailleurs, les officiers de grief exercent leurs fonctions indépendamment du comité de direction, qui n’a que très, très peu de droit de regard. Cette autonomie plus profonde du judiciaire par rapport à l’exécutif est là pour que justice soit faite, sans interférence, comme dans l’arène publique, mais aussi pour permettre de régler le conflit en question dans un contexte où les communications et négociations délicates exigent un certain niveau de discrétion et où il faut à tout prix éviter les manigances et les chicanes publiques. D’où le poste d’officier de griefs exige le plus haut degré d’intégrité, et de courage. (Voir blogues antérieurs.)

Enfin, puisqu’on parle de pouvoir, sachez que, de 1968 à 2018, le Collège a eu 5 recteurs dont les mandats, au total, comptent pour 45 de ces 50 ans, les 5 autres années ayant vu 4 recteurs et un triumvirat. Pour les mêmes 50 ans, l’AP a eu 31 présidences : 19 de 1 an ou moins, 8 de 2 ans et 2 de 3 ans, puis une de 4 ans, et une de plus que 4 ans. Le remplacement excessivement fréquent de nos équipes de direction et de nos comités de négociation a beaucoup affaibli l’AP, à cause des bris ou manques de communication, puis de la réinvention perpétuelle de la roue …

Factoïde en guise de fin. Un document de 1971 précise l’approche patronale au Collège lors de la ronde de négociations en cours : « pour la durée de la convention, demander d’abord 27 mois, puis 24, puis 15, puis 12 en dernier ressort et s’il le faut », i.e. un plan A, puis des plans B, C et D. Or, un habile négociateur détecte lorsque l’autre possède, en poche, un plan B et le force d’y avoir recours. Mieux vaut une équipe de négociateurs qui n’arrive pas à la table les mains liées.

Prochain thème : l’entente 1969-1970 (dans 4 semaines).

Rolland Gaudet, scribe

2018-12-14

Quelque élégante et soignée soit la stratégie, il est pertinent de parfois examiner les résultats.

Winston Churchill (1874-1965)