13 Saviez-vous que … 5 avril 2019

13     L’affaire Gecewicz-Allard 2

Gertrude Gecewicz, alors étudiante au doctorat à l’Université du Manitoba, a été embauchée au Collège comme chargée de cours à l’été 1973, à temps plein comme remplaçante à l’automne 1973, puis de même à l’hiver 1974.  Donc, à l’automne 1974, c’était son 4ième contrat au Collège.  Le contrat du professeur Baudoin Allard, spécifiant son salaire pour 3 ans, le voyait débuter dans son poste régulier le 1ier septembre 1974, tout comme la professeure Gecewicz.

Pourquoi ont-ils été mis à la porte, quelque 6 mois plus tard ?

Dans les jours et semaines suivant les avis de non renouvellement du 13 mars 1975, les deux professeurs ont posé cette question et des questions similaires au recteur intérimaire G.-L. Damphousse et n’ont pas reçu de meilleure réponse que les deux suivantes.

« Vous ne ferez jamais l’affaire dans le Collège dans son contexte actuel, ni dans son avenir plus ou moins rapproché.  Donc, au lieu de garder quelqu’un qui, à plusieurs reprises, a manifesté son mécontentement et son dégoût, nous croyions que cela ne donnait rien à traîner la chose plus longtemps, et que vous feriez mieux une vie ailleurs que dans le Collège. »

« Globalement, c’est parce que j’ai le sentiment que vous ne vous sentirez pas à l’aise dans le Collège dans son contexte actuel et futur en liaison avec les besoins de la communauté franco-manitobaine.  La décision s’inspire donc du désir de ne pas vous imposer quelque chose qui vous serait une contrainte.  Par conséquent il est préférable pour vous comme pour le Collège que le contrat ne soit pas renouvelé. »

Le 16 mars 1975, une pétition étudiante, signée par 279 étudiants et prenant au plus 3 jours à organiser, se termine « … nous craignons l’amplification du malaise qui existe depuis un certain temps au Collège. ».  Le 19 mars, la Liberté publie l’article Que se passe-t-il donc au Collège ? – suite, notant que Gecewicz et Allard étaient 2 des 4 membres du Comité de négociation de l’AP …  (Allez aussi lire l’édition du 19 février 1975 de la Liberté : Que se passe-t-il donc au Collège ?)  Le 20 mars 1975, dans le Winnipeg Free Press, on lisait St. B. Students Boycott Classes To Back Teachers, quelque 280 étudiants ayant participé.  Le 23 mars, une lettre ouverte était affichée aux murs de la cathédrale, dans laquelle on lit « … Deux de nos meilleurs profs … la crainte de voir s’effondrer la valeur académique du Collège … ».  Le 9 avril, le journal étudiant POPULO donne un excellent reportage du dossier à date (23 pages).

Prochain thème : brève histoire du syndicat et de ses ententes 1961-1970.  Notre reportage sur l’affaire Gecewicz-Allard se poursuivra à l’automne.

Rolland Gaudet, scribe

2019-04-05

Soyez réalistes ! Demandez l’impossible. Ernesto Che Guevara (1928-1967)