Presqu’une année après l’adoption d’une nouvelle convention collective, les professeur.e.s et professionnel.le.s de l’APPUSB continuent de réfléchir aux différents défis et questions qui entourent leur travail. L’Assemblée générale annuelle du 27 mai a été l’occasion de faire le point pour mieux avancer.
Une association ou un syndicat ?
L’un des enjeux soulevés par les membres lors de l’Assemblée générale porte sur la possibilité de changer le nom de notre organisme. Le nom actuel ne reconnaît pas que nous sommes un syndicat à part entière, que notre assemblée détient une certification qui lui donne les pouvoirs de mettre en œuvre plusieurs moyens de pression touchant au travail que ses membres fournissent, y compris le droit de déclencher une grève. Une simple association n’a pas un tel pouvoir.. Le comité de direction explorera dans le courant des mois qui viennent la possibilité de changement de nom.
D’un autre côté, on constate que l’APPUSB engage actuellement des activités qui renforcent à la fois son côté associatif et sa fonction syndicale. En ce qui concerne la dimension associative, l’APPUSB, comme toute association de professeur.e.s et de professionnel.le.s, se préoccupe de discuter des problématiques qui les concernent: la question de la liberté universitaire ou les défis que pose l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle en salle de classe et dans la recherche. Présentement, l’APPUSB développe une compréhension plus approfondie de ce que constitue une meilleure collégialité. Un comité a été mandaté pour étudier les différents aspects de la question et la manière dont la collégialité s’applique ou devrait s’appliquer aux diverses facettes de notre travail.
L’APPUSB est aussi un syndicat, ce qu’on a pu constater très récemment alors qu’elle s’est dûment préparée à débrayer à la fin de l’été 2025 afin d’obtenir une entente collective qui reflétait des conditions de travail équitables. Elle est également présente pour ses membres pour les accompagner et les représenter lorsqu’ils se trouvent en situation de conflit avec l’employeur sur l’évaluation de leur travail ou sur la manière dont la convention collective s’applique à leur situation. C’est pourquoi les membres ont adopté à la dernière assemblée générale un budget permettant à l’APPUSB de décharger l’officier de griefs d’un de ses cours, une condition sine qua non pour remplir la promesse de soutien faite aux membres placés dans des situation conflictuelles.
Une question d’échelle : les avantages et inconvénients de notre taille
L’APPUSB est une petite association de professeur.e.s et professionnel.le.s, qui, à l’image de l’USB, rassemble des gens qui se connaissent personnellement. Nous ne sommes pas uniquement collègues, mais aussi voisins, membres du même club sportif ou parents dans la même école. C’est justement cette proximité qui nous a permis d’être solidaires pendant plusieurs rondes de négociations aussi rapprochées.
Cependant, cette petite taille constitue également un handicap. Comme tout syndicat, les situations conflictuelles qui ne sont pas liées à la négociation, mais plutôt à l’interprétation de la convention collective, peuvent rapidement dégénérer et nécessiter l’intervention d’avocats, notamment dans les cas d’arbitrage. Dans de tels cas, l’APPUSB ne peut pas se permettre de payer, comme l’administration de l’USB, les services d’un avocat. C’est pour cette raison que l’APPUSB fait partie d’organisations syndicales plus grandes comme l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), basée à Ottawa, et dont les ressources et les rencontres lui permettent d’échanger sur les conditions de travail des universités à l’échelle canadienne. Puisque tout conflit de travail implique un droit provincial, l’APPUSB fait également partie du Syndicat des employés du gouvernement et des services généraux du Manitoba (SEGM) qui lui offre un soutien dans la mobilisation ou la négociation et qui lui facilite le recours à des avocats.
Ces adhésions à des «organismes parents» comportent aussi leur part d’inconvénients, non pas le moindre, celui voulant que l’APPUSB se conforme aux règles de ces plus grandes organisations. Un exemple récent d’un tel inconvénient est le refus systématique du SEGM de communiquer le taux de participation et le taux d’adoption de la dernière entente collective, et cela en dépit de l’insistance de l’APPUSB pour obtenir ces taux. Alors que les employés de Postes Canada viennent à peine d’annoncer que leur entente a été adoptée à plus de 85% pour le rural et plus de 89% pour les employés en milieu urbain, on ne peut que regretter que les membres de l’APPUSB ne puissent pas connaître les résultats de leur propre ratification.
En dépit de ces limites, l’APPUSB, l’association comme le syndicat, reste focalisée sur sa mission, celle d’améliorer les conditions de travail et de mieux vivre de ses membres.
